Octobre 2000

 REUNION DU B.E.O.C.

Le Conseil d'Administration s'est tenu le 17 juin à Barcelone. Y ont participé des représentants d'Allemagne, de Belgique, d' Espagne, de France, du Royaume Uni, d'Italie, de Norvège et de Roumanie. Les principaux points abordés furent .

- activités du nouveau secrétariat de Barcelone . édition de "The Right to Refuse to Kill," site Web, relations avec les mouvements partenaires européens, organisation des séminaires ,

- actions du secrétariat de Bruxelles auprès du Parlement Européen : les résultats obtenus apparaissent dans les résolutions du 16 mars sur les droits de l'homme ;

- représentation auprès de la commission des droits de l' homme du Conseil de l'Europe : la commission a adopté une résolution et un rapport sur l'objection ; -

- promotion du B.E.O.C. dans les pays de l'Est : des membres du Conseil d'Administration ont fait une tournée en Pologne, et se sont rendus à Budapest ; des contacts ont été pris en Arménie, Bosnie, Géorgie, Macédoine et Roumanie

- séminaire : un séminaire est prévu du 4 au 10 septembre en Norvège sur le thème du travail pour la paix par l'objection de conscience, la solidarité et la prévention des conflits, (1)

Maurice Montet

(1) En définitive ce séminaire a été reporté du fait de l'impossibilité pour le B.E.O.C. de boucler le budget prévu.

 

 

NOUVELLES DES OBJECTEURS :

 LES OBJECTEURS GRECS

Le procès de Lazaros Petromelidis, prévu pour le 15 juin, a été reporté à l'an prochain. Celui de Nikos Karanikas pour désertion a eu lieu le 27 juin à Thessalonique. Il avait été reporté à quatre reprises. Fin mai un Comité de Solidarité avec les Objecteurs de Conscience (CSOC ... ) s'est constitué. Ce Comité a organisé une conférence de presse la veille du procès. Y ont pris la parole Nikos, Hans Dijkman (BEOC), un représentant des Verts et Yannis Glarn atzis (Association des OC grecs). Quatre journaux locaux, deux télévisions locales, des radios et une agence de presse en ont rendu compte. Dans la soirée une réunion publique s'est tenue à l'Université Thessalonique. Les orateurs étaient Hans, Paul Miller (Amnesty International), un avocat, un professeur de l'Université, Niko et Yannis. Le lendemain au procès Nikos avait pour témoins outre Hans au nom du BEOC, un député et un ancien député, un responsable syndical et un membre du PASOK. Paul Miller assistait au procès en tant qu'observateur pour Amnesty International. Bien que considérant Nikos comme coupable du délit de désertion le procureur ne requérait aucune peine car il trouvait que celui ci n'avait pas demandé à être déserteur ! Finalement les juges ont acquitté Nikos par 4 voix contre 1. Ceci est très important car au-delà du cas particulier de Nikos, les objecteurs qui ont été emprisonnés par le passé pour avoir refusé de servir sous les drapeaux ne devraient plus être considérés comme ayant été soldats et devraient pouvoir être reconnus comme objecteurs. Ce qui n'est pas le cas jusqu'ici. L'acquittement de Nikos n'a sans aucun doute pas été apprécié par les autorités militaires qui voudraient bien avoir leur revanche C'est ainsi que le 26 juillet deux policiers se sont présentés au domicile de Lazaros (heureusement en son absence) avec un mandat d'arrêt émanant du procureur du Tribunal Militaire de la Marine.

 

Le Quaker Council for European Affairs (QCEA) a déposé une plainte collective auprès du Conseil de l'Europe au sujet de la situation des objecteurs grecs. Le gouvernement grec a remis ses observations et conclut comme il fallait s'y attendre que la plainte doit être déclarée sans fondement. Le QCEA en collaboration avec le BEOC et l'Association des Objecteurs grecs est en train d'élaborer la réponse aux arguments du gouvernement grec. Puis le Comité des experts donnera son avis et transmettra ses conclusions au Comité des Ministres et à l'Assemblée Parlementaire. Affaire à suivre donc.

 EN FRANCE

Philippe Wannasson avait déserté? il y a 11 ans? deux semaines deux ans avant la fin de son service civil. Il entendait protester ainsi contre le caractère discriminatoire et punitif de la durée double du service civil des objecteurs.

Condamné lors d'une première audience à un mois de prison ferme, il passait en appel le 30 mai à Nancy, défendu par Jean-Jacques de Félice. Restant sourds à tous les arguments les juges de la cour d'appel l'ont condamné à trois mois de prison avec sursis et à 10 0000 fr. d'amende. Il s'est pourvu en cassation. Nous ne pouvons qu'être révoltés par l'acharnement dont fait preuve la justice à l'encontre des objecteurs dans le contexte actuel. Rappelons en particulier que le Comité des droits de l'homme de l'O.N.U. considère que la double durée constitue une violation des articles 18 et 26 du Pacte International relatif aux droits civils et politiques et "note avec satisfaction que l'Etat partie (c'est à dire la France) a modifié sa législation de telle sorte que des violations similaires ne se reproduiront plus". Si la modification dont il est fait état concerne la suspension de la conscription, c'est évident. Mais en attendant la violation du Pacte continue et ceux qui refusent cet état de fait en désertant sont poursuivis et condamnés. Formulé autrement : la justice française sanctionne ceux qui entendent se mettre en conformité avec l'avis du Comité et refusent d'être partie prenante d'une violation du Pacte.

EN YOUGOSLAVIE (Serbie)

 

Bojan Aleksov, correspondant du B.E.O.C. pour la Yougoslavie s'était installé il y a deux ans à Budapest afin d'y poursuivre ses études. Il y avait été contraint du fait du harcèlement que lui faisaient subir les autorités serbes. Après avoir passé ses examens il décidait fin juin de se rendre à Belgrade pour y rencontrer sa famille et ses amis et en particulier les" Femmes en Noir". Il ne s'était rien passé de fâcheux lors de ses précédentes visites et depuis deux ans n'avait plus eu aucune activité politique en Serbie. Après avoir passé quelques jours avec sa famille et ses amis il a été arrêté le 7 juillet et retenu en détention pendant 23 heures (il a été littéralement kidnappé alors qu'il était au volant seul). Les policiers l'ont sévèrement battu et menacé de mort. Puis ils l'ont contraint à signer sous la menace deux déclarations. Dans la première il reconnaît la responsabilité de ses prétendus "crimes"(travail pour des services secrets étrangers, collecte d'informations, espionnage, ... ). Dans la seconde il accepte .de collaborer avec le Service de Sécurité de l'Etat. Il a dû renouveler ses "aveux" devant une caméra. Une fois relâché il a réussi à organiser sa fuite par le Monténégro. Il se trouve actuellement en Allemagne où il espère obtenir l'asile politique.