mercredi 27 février 2008
SES PIEDS
Par Phil Le poète Ivre, mercredi 27 février 2008 à 17:34 :: Poésie
Ses pieds sont devenus ces langues de peau morte
Qu’il traîne haillon sur les chardons de la vie
Ses pieds sont devenus ces cauchemars d’enfant
Qui le font crier loup en la nuit sans étoiles
Ses pieds nus et noirs, craquelés comme la lune
Marchant sur les cailloux, le sable les épines de pin
Ses pieds anges de douleurs au ruisseau de feu
Ses pieds poilus aux oignons gros comme un Euro
Ses pieds aux effluves de laiterie fromagère suppurante
Comme un sexe de femme trop baisé
Ses pieds allant de St Jacques de Compostelle à Jérusalem
En chantant des chants et des louanges oubliés.
Mais Dieu n’a pas voulu aimer ses pieds
Les blessants à jamais d’une trace de clou purulente
Le fixant ainsi au crucifix de l’amour sans horizon !
Ses pieds ont portés les rires et les pleurs d’enfant,
Puis les premières dents, ses pieds les ont suivis
Eclats de rire dans une grosse pomme rouge,
Ses pieds ont trébuchés sur des arbres-pépins!
Ses pieds se sont lassés comme des pieds
Sous des bancs d’école qui sentaient bon la cire
Puis ses pieds ont commencés à tourner, sauter
Le pied sous les spots light de musique électro-acoustique.
L’enfant a grandi ses pieds aussi, ils ont marchés
Sur le chemin des enfants de pied, sélénite droguée
Sur les pieds du divorce ils ont cheminés funambule.
Alors, ses pieds sont devenus ces langues de peau morte
Qu’il traîne haillon sur les chardons de la vie
Ses pieds sont devenus ces cauchemars d’enfant…
Philippe BRASSEUR