Autopraxis historique du prolétariat

Maximilien RUBEL

En janvier 1832 parut à Londres une brochure de quinze pages intitulée Grand National Holiday and Congress of the Productive Classes. La couverture nous apprend que le texte fut imprimé et publié à Londres par William Benbow, demeurant 205 Fleet Street. Membre remuant de la National Union of the Working Classes and Others fondée en avril 1831 par des disciples d’Owen, Benbow, tenancier d’un café situé à l’adresse indiquée, lança une véritable déclaration de guerre, au nom des "producteurs ", c’est-à-dire du Peuple, contre la classe - la minorité -de ceux qui ne créent rien et jouissent de tout.

" Depuis bien des années, le peuple n’a rien fait pour lui-même. Il n’a même pas existé, car il n’a pas joui de la vie. Son existence a servi à d’autres, leur procurant les jouissances de la vie ; il a été par rapport à lui-même comme un non-être... Quel travailleur peut dire qu’il vit ? à moins de dire qu’il vit quand il dépérit à petit feu, en produisant, avec l’estomac vide et des membres épuisés, ce qui sert à faire vivre d’autres hommes. L’existence de l’ouvrier est négative. Il est vivant pour la production, la misère et l’esclavage :, mort pour la joie et le bonheur... Le peuple est le souffre-douleur de la Société. " 1

Benbow ne se soucie guère de trouver une explication "scientifique" du phénomène qu’il dénonce ; il se borne à constater un fait qui lui paraît absurde et à nommer ce qu’il croit être la raison de cette absurdité :

" C’est l’ignorance qui nous fait incessamment travailler non pour nous, mais pour les autres ; c’est l’ignorance qui nous fait combattre et prodiguer notre sang et notre vie pour assurer au petit nombre le pouvoir de faire toujours de nous leurs instruments ; c’est l’ignorance qui nous empêche de nous connaître et, sans une connaissance claire de nous-mêmes, nous resterons toujours l’instrument des autres, les esclaves de la classe qui consomme " (l.c., p. 386).

L’auteur de ces lignes exprime donc d’une manière,on ne peut plus simple et directe non seulement la quintessence des doctrines critiques exposées dans toute une littérature de réformateurs et d’économistes radicaux depuis la Révolution française, mais aussi le sens profond de ce qui constituera désormais la pensée baptisée " socialiste ". Le terme " socialisme " fait d’ailleurs son apparition à cette époque, tant en Angleterre qu’en France (2). La situation du travailleur dans la période de l’essor de l’industrialisme, telle que la décrivent des auteurs comme Buret, Villermé, Flora Tristan, fait penser à l’existence d’une nouvelle forme d’esclavage. En lisant Benbow, on se rend compte que ce sont précisément des hommes comme lui . témoins ou acteurs du combat émancipateur se déroulant dans les pays industriels, qui ont révélé pour la première, fois le secret intime des luttes ouvrières : l’union consciente et autonome de masses de prolétaires en vue d’une transformation radicale du mode de vie et de travail né avec le système capitaliste. L’abolition de cet esclavage était d’emblée conçue comme la tâche non pas de minorités politiques ou d’élites éclairées, mais de l’ensemble des victimes elles-mêmes parvenues à l’intelligence de leur destin tragique, dans l’ère du machinisme et de l’accumulation du capital.

" Si nos seigneurs et maîtres ont de très bonnes raisons pour nous maintenir dans l’ignorance, nous en avons de plus fortes encore pour acquérir la connaissance... Le savoir dont nous avons besoin est très facile à acquérir ; ce n’est pas celui qu’on acquiert dans les écoles ou dans les livres... La connaissance dont nous avons besoin est celle de nous-mêmes : la connaissance de notre propre pouvoir, de notre immense puissance et du droit que nous avons de mettre en action cette immense puissance" (1.c., p. 386).

La logique de Benbow trahit dans sa simplicité une force de persuasion qui ne manquera pas d’impressionner une certaine catégorie d’intellectuels pour devenir le ressort d’une théorie sociale exprimant en formules plus savantes ce qui fut ressenti et naïvement imaginé par les individus soumis aux contraintes du nouveau mode de production. Benbow ne s’embarrassait pas d’explications compliquées pour défendre sa cause et en démontrer les chances de réussite : l’ennemi de classe étant numériquement faible, il fallait lui opposer la force du nombre - les antécédents historiques ne manquaient pas pour étayer le raisonnement ainsi proposé. Le peuple de France, alors engagé sur la même voie que celle choisie par l’Angleterre industrielle, s’était assez tôt libéré de la tyrannie et il était à prévoir que ce même peuple ne tarderait pas à se soulever " pour la République". Benbow semble avoir suivi avec attention les premières révoltes ouvrières à Lyon et à Grenoble. Dans ces villes, les revendications des ouvriers révoltés allaient au-delà des améliorations immédiates et mettaient en cause le système politique (impôts, livres et maisons des percepteurs, etc.). Benbow n’est pas à court d’arguments pour proposer le seul remède pouvant sauver le "Peuple" :

" Le remède qui doit améliorer votre situation et vous arracher à la ruine finale et éternelle est en vous, mêmes. C’est simplement l’unité de pensée et d’action. Pensez ensemble, agissez ensemble et vous soulèverez des montagnes d’injustices d’oppression et de misères et de besoins " (l.c., p. 387).

Nous sommes en présence d’un document assez extraordinaire pour l’époque où il fut conçu : c’est comme si dans ce texte lapidaire, grandiloquent par endroits, la voix intimes de ces masses de miséreux s’était fait entendre sans le secours d’analyses et d’explications savantes de spécialiste , de l’économie politique ou de la science juridique. Benbow fut cordonnier, puis libraire, avant de devenir tenancier de cabaret. Son nom apparaît dans les controverses des réformateurs de Manchester à partir de 1816. A travers lui, c’est la logique de l’instinct de conservation d’une classe sociale qui anime le raisonnement et en fait une arme de combat pour obtenir l’adhésion d’une force sociale qui s’ignore et qu’il suffit d’éveiller (3). Puisque les seigneurs et maîtres ont réussi, malgré leur infériorité numérique à imposer leur politique grâce à leur unité de pensée et d’action, il convient de suivre leur exemple et de les vaincre par l’arme inventée

par eux, l’unité de pensée et d’action. C’est à ce point de son discours que Benbow formule avec la plus grande clarté le principe d’action qui deviendra quinze ans plus tard la substance révolutionnaire du socialisme dit scientifique :

" De toutes les folies dont la nature humaine peut se rendre coupable, il n’y en a pas de plus grande que de croire que les autres feront pour nous ce que nous devrions faire pour nous-mêmes. Si les autres ne sentent pas comme nous, si les autres ne sont pas opprimés, volés, pillés et dégradés, comment peuvent -ils entrer dans nos sentiments ? Attendre l’aide des tories, des wighs, des libéraux, attendre l’aide des classes moyennes ou de toute autre classe que celle qui souffre, c’est pure folie " (l.c., p. 387).

Tel est l’énoncé du postulat que les auteurs du Manifeste communiste vont définir comme "historische Selbsttätigkeit" du prolétariat. Pour traduire le concept central de notre recherche, nous proposons un terme d’étvmologie grecque qui rend exactement le sens du mot allemand : autopraxis (4)

" Aber sie erblicken auf deri Seite des, Proletaraits keine geschichtliche Selbsttätigkeit, keine ihm eigentümliche politische Bewegung. " (5)

" Toutefois, ils ne voient du côté du prolétariat aucune autopraxis historique, aucun mouvement politique qui lui soit propre."

Sont visés ici les " inventeurs " des " systèmes proprement socialistes et communistes ", et nous apprenons même le nom de trois parmi les plus célèbres utopistes : Saint Simon, Fourier, Owen. Ils "aperçoivent", nous dit le Manifeste, " l’antagonisme des classes ainsi que l’action des éléments dissolvants dans la société dominante elle-même. Toutefois... ".

Auteur du chapitre consacré à la " littérature socialiste et communiste " - et probablement du texte intégral du Manifeste qu’il a rédigé à Bruxelles après avoir reçu les Principes du communisme que Engels lui avait envoyés de Paris - Marx fait suivre la phrase qui nous occupe d’une série d’alinéas qui soulignent les défauts et les qualités des " systèmes utopiques ". Le projet de Benbow aurait pu illustrer parfaitement la thèse anti-utopique de Marx : le cordonnier-cabaretier-éditeur n’avait rien d’un "inventeur de système", rien d’un esprit "en quête d’une science sociale" ou "de lois sociales", et il ne s’avisait nullement de " substituer à l’organisation graduelle et spontanée du prolétariat en classe " sa " propre fiction d’une organisation de Ia société ". Son mérite était précisément de ne pas considérer la classe ouvrière " sous le seul aspect de la souffrance extrême", comme un élément purement passif, mais d’en appeler à la volonté de libération des prolétaires, sans se tourner vers " l’ensemble de la société sans distinction, et même de préférence vers la classe dominante" (l.c., p. 191 sq.). Et si Marx reproche encore aux visionnaires utopistes de rejeter " toute action politique, et surtout toute action révolutionnaire " et de vouloir atteindre leur but " par des moyens pacifiques ", s’il condamne leurs tentatives "de frayer un chemin au nouvel évangile par la force de l’exemple, par des expériences limitées qui, naturellement, se terminent par un échec " (l.c., p. 192), il aurait été en revanche bien avisé de faire une place spéciale à une expérience révolutionnaire qui proposait à la réflexion des " producteurs . un mode d’action a contrario, une forme de non-action subversive, bref un mode d’autodétermination qui, mieux que l’action politique, rendait à chaque travailleur l’initiative, toute personnelle, en même temps que la spontanéité " historique ". Le "Grand National Holiday", ce devait être en effet la plus formidable manifestation de cette initiative de cette spontanéité que le Manifeste communiste appelait " historique" pour la simple raison que le geste projeté avait pour objectif de changer le cours du destin des hommes. Il fallait démontrer que la classe des producteurs, dont l’immense majorité de la nation britannique, classe aussi utile que démunie - selon l’expression de Flora Tristan qui préférait cette formule à celle de Saint-Simon - pouvait, en s’abstenant de produire et de créer la richesse " nationale " (the Wealth of Nations) pendant un temps calculé par avance, forcer la minorité possédante et dominante à établir, dans son propre intérêt, un statut humain longtemps rêvé et promis, destiné à servir l’intérêt de tous. Une " Grande Fête Nationale", autrement dit l’abandon et la cessation du travail de gagne-pain, ce devait être une grande fête de l’esprit, la manifestation éclatante de la conscience ouvrière, en même temps que la fin temporaire - et bientôt définitive - de la servitude prolétarienne certes mais aussi le premier pas vers " le bonheur et la liberté de l’humanité"

Cette période de grève générale devait durer un mois, pendant lequel les classes productrices momentanément en état de désertion du travail se réuniraient en congrès pour proclamer une Constitution universelle, un nouveau droit garantissant l’égalité des droits et des libertés, des jouissances et des sacrifices. Edouard Dolléans insiste à juste titre sur le caractère auto-émancipateur du projet de Benbow qui, cependant, avait des antécédents intellectuels dont l’auteur, curieusement, rappelle plus particulièrement celui auquel on s’attendait le moins :les coutumes du " plus ancien des Peuples ", le Sabbat, l’année de libération tous les sept ans et le Jubilé chez les Hébreux.

Voici comment Dolléans résume l’argument de Benbow

" Le congrès des classes productrices aura pour principal, mission d’établir, pour l’humanité tout entière, un code de lois instituant l’égalité des droits, des jouissances et du travail. Ce code universel, instituant l’égalité dans la répartition du travail et des produits, n’est qu’une réédition des codes de la Nature des réformateurs sociaux du XVIIIème siècle. Ce qui est nouveau, c’est le moyen par lequel cette égalité sera réalisée. La méthode de régénération sociale est neuve d’une double façon. Ici, il ne s’agit plus de faire appel au bon tyran ou à l’opinion éclairée par les directeurs de conscience sociale, mais aux classes productrices elles-mêmes ; d’autre part, les classes spoliées montreront leur puissance non par une révolte sanglante, par une insurrection à main armée contre les classes spoliatrices, mais par un simple arrêt du travail et de la production " (ibid.).

Dolléans a parfaitement saisi l’esprit original du pamphlet de Benbow, mais il y a lieu d’approfondir et d’élargir la problématique de la grève générale au-delà de l’horizon où se situe le commentaire de l’historien qui fait le rapprochement entre l’" idée " de Benbow et sa " reprise ", soixante ans plus tard, par Aristide Briand aux congrès socialistes de Marseille (1892) et de Nantes (1894). Briand définissait la grève générale - à la différence de la grève partielle- comme une " arme sociale contre la société capitaliste ", venant renforcer cette autre arme qu’est, pour l’ouvrier, le suffrage universel. Mais Dolléans hésite à classer parmi les propagandistes et les théoriciens de la grève générale un Fernand Pelloutier ou un Georges Sorel, l’un et l’autre étant " moins proches de Benbow par la forme et la substance de leurs conceptions " (6).

Cette remarque est trop lapidaire pour satisfaire le lecteur qui, aujourd’hui, réfléchit sur le destin du mouvement ouvrier depuis ses origines et qui croit avoir nombre de raisons pour rester sceptique quant aux perspectives de ce qui se présente désormais sous les étiquettes de " socialisme " et de " communisme " . Les abus de langage, devenu la plaie de la communication intellectuelle entre les individus et les nations, font que tout discours sérieux engage, d’autant plus la responsabilité morale des interlocuteurs que les termes employés sont imprécis ou proposés sans, être définis au préalable. S’agissant du problème de l’auto-émancipation du prolétariat, la répétition incessante des stéréotypes révolutionnaires et des clichés baptisés " scientifiques " ou " marxistes " n’est pas de nature à apporter la clarté dans un débat qui ne fait que commencer : la Selbsttâtigkeit dite historique, et qui était pour Marx un phénomène évident, est-elle aujourd’hui comprise et définie à la lumière de toute l’expérience historique tant du XIXème siècle que du siècle qui est le nôtre ?

Il suffit d’examiner la littérature - brochures, tract, livres, périodiques - publiée sur les thèmes du paupérisme et des réformes sociales discutées pendant la période se situant entre 1830 et 1842 tant en Angleterre qu’en France et en Allemagne, pour mesurer la distance intellectuelle qui sépare le mouvement ouvrier contemporain de ses début au siècle précédant. Il sera évidemment tentant d’objecter que cette affirmation repose sur un truisme, les classes ouvrières des pays économiquement développés ayant précisément conquis par la lutte incessante les avantages et les positions qui n’étaient autrefois que des thèmes de littérature et de propagande. Dans ce cas, le bas niveau intellectuel des "classes productives" (Benbow) au XX ème siècle, ne serait que la rançon des avantages matériels conquis par l’autopraxis de la classe ouvrière, par ses initiatives militantes, syndicales et politiques, qui rendent anachronique cette "littérature" aux tendances subversives. Car s’il est vrai qu’un tiers du monde contemporain est déjà en voie de transition vers le " communisme ", en quoi la brochure de Benbow pourrait-elle intéresser aujourd’hui les producteurs de ces pays déjà socialistes, voire les salariés des pays capitalistes incomparablement mieux lotis que les prolétaires du siècle passé ?

Cet intermède interrogatif n’a rien d’ironique, car Ia seule lecture de l’appel de Benbow suffit à montrer que nous sommes en pleine mythologie si nous nous abandonnons, ne fût-ce qu’un instant, à l’idée que la situation des classes ouvrières dans notre siècle marque un progrès notable sur ce qu’elle fut au siècle passé. C’est l’image de l’Europe dévastée par les guerres napoléoniennes, avec ses séquelles socio-économiques, qui a donné l’impulsion au mouvement chartiste postérieur à cette littérature radicale dont la brochure de Benbow nous fournit un modèle. Ce formidable projet de non-violence subversive qu’était le " Mois sacré " du prolétariat britannique proposé en 1832 était conçu dans le même esprit révolutionnaire qui inspira au XIXème siècle les artisans de la Commune de 1871, les conseils ouvriers d’Allemagne en 1918-1919 et les soviets russes en 1905 et en 1917. Ce sont là les seules véritables manifestations de cette autopraxis révolutionnaire dont Marx a constaté l’existence et mesuré la portée historique en 1848, pour se croire autorisé, en critiquant les utopistes, à prédire l’imminence du déclin de la civilisation du capital et de la bourgeoisie.

Selon l’historiographie coutumière à l’école marxiste, l’enseignement de Marx fonderait l’ère du socialisme " scientifique " par opposition à la période de l’utopisme socialiste et communiste. En réalité, le chartisme offre la meilleure preuve qu’il y a eu de la " science sociale " bien avant Karl Marx, comme il y a eu de l’"utopie" avant et après Marx. Dans Saint-Simon, Owen et Fourier - pour ne citer que les plus connus parmi les penseurs de l’utopie - on découvre autant d’éléments pour une analyse scientifique (matérialiste) des rapports sociaux qu’on en distingue dans Marx pour une vision utopique (idéaliste) de la Cité humaine. La décennie de 1832-1842 se situe entre deux étapes d’un mouvement d’idées et de faits dont la première n’est pas moins riche en manifestations d’un esprit révolutionnaire que la seconde, et c’est au cours de cette dernière, qui a vu s’étendre l’extraordinaire expérience du chartisme et naître et mourir la non moins extraordinaire entreprise de l’Internationale ouvrière que s’est formée une théorie sociale dont les avatars ultérieurs constituent l’énigme permanente et la superstition par excellence de notre siècle. Car le marxisme n’a hérité du prétendu fondateur que des lambeaux d’un discours analytique qui, marqué au coin de la dialectique sanctionnée par l’autorité de l’Etat ou du Parti, se prête aux abus politiques les plus monstrueux. Puisque l’esprit n’est que reflet et épiphénomène, son avilissement systématique est devenu un moyen de domination pour les maîtres des Etats dits socialistes. Mais cette volonté est aussi, bien que le style en soit différent, le fait du monde adverse, les deux " camps " rivalisant dans l’auto-abaissement moral et dans le mépris des valeurs qui fondent l’éthique dont le socialisme ordinaire s’est fait le porteur et dont Marx s’est proposé d’enrichir et de consolider la structure logique et l’esprit créateur. Un marxisme triomphant a démontré à contrario la solidité et la cohérence du discours analytique de Marx, tout comme l’échec du mouvement ouvrier témoigne de la fragilité de son discours normatif : l’auto-dynamisme, l’initiative prétendument " historique " du prolétariat moderne apparaissent à l’observateur attentif comme le paradoxe central de la pensée marxienne dans la mesure où ce concept participe du double discours, analytique et normatif, du visionnaire "scientifique". Si la norme semble avoir précédé la théorie, celle-ci a, en revanche, sauvegardé l’impulsion initiale sans laquelle elle n’aurait jamais eu le destin aujourd’hui transparent dans sa sombre négativité en tant qu’arme idéologique de nouvelles classes de maîtres, qui ont pris à leur